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Le visa : 3 heures d’attente.
Mercredi 19 Février 2014.
 J’avais quitté une terre déchirée mais encore française, je reviens sur une terre étrangère : passeport à la Mairie, visa au bureau du consulat dont je dépends 11 rue d’Argentine 75016 à Paris. Attestation d’hébergement, toute sorte de justificatifs et photocopies et 3 heures, debout, d’attente éprouvante dans un sous-sol étouffant où se pressait une foule compacte mais curieusement calme et patiente, résignée plutôt, dans un désordre inimaginable, sans numéro d’ordre ni indication claire des guichets sur 2 étages. Exténuée, J’ai failli renoncer à ce voyage. Mais j’ai tenu bon parce que j’avais déjà mon billet d’avion, que j’ai une nature plutôt entêtée et que j’ai eu la chance de partager mon mètre carré d’espace vital avec un jeune fonctionnaire français fiscaliste qui partait en mission pour 3 ou 4 jours et qui était passionné d’histoire et de littérature. Ça aide !
Le pauvre ! Il n’avait pas de  relevé d’électricité pour justifier de son domicile, je l’ai abandonné à son sort, espérant que son relevé de banque reçu le matin même suffirait à convaincre la charmante et souriante guichetière d’accepter son dossier. Elle aussi était très patiente : ses ciseaux pour découper les photos n’étaient pas aiguisés et son agrafeuse ne marchait plus. Elle a appelé  à l’aide une autre préposée aux guichets. J’ai pensé que je lui avais jeté l’œil. Prudemment elle a parlé de « mauvaises ondes ». En France, ça fait moins exotique!
J’ai vu partir en larmes une jeune femme qui attendait depuis 6 heures du matin et à qui il manquait les 85 euros en liquide payables d’avance et non remboursables en cas de refus du dossier. Un autre attendait là depuis 2 heures mais les visas de commerce c’était « en haut » !
A 13 heures 30 j’ai redescendu à pied les Champs Elysées jusqu’au Rond-Point dans une brouillasse très froide pour dissiper les brumes de mon cerveau, calmer mes nerfs et faire refluer le sang qui  congestionnait mes joues.
ram dou allah ! C’est fini !  Maintenant attendons le 7 mars, le visa que l’on m’accordera j’espère juste avant le départ, sinon tant pis pour les 85 euros ! 

P.S. j’ai engueulé Zina au téléphone pour flagrant délit de mensonge. « Le visa c’est rien ! Ils vont te le donner tout de suite ou dans 1 ou 2 jours ! » Elle a feint l’étonnement et a fini par rire. Elle savait. 

 

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