Bab el oued

La rue Fourchault ? C'est là !

    Bab el oued. Quartier meurtri.

  Bab el oued est la façade maritime nord de la ville d"Alger.  Bab el Oued : "la porte de la riviére" est une des portes de la ville d'Alger, ouvrant sur l'oued M'Kacel qui s'écoule depuis les hauteurs de Bouzareah. Situé en contre bas de la colline de Bouzareah le quartier a été ravagé à la suite de pluies diluviennes, en moins de 3 heures le 10 Novembre 2001.
Des torrents de boue des hauteurs de Bouzareah jusqu'au front de mer algérois.
 
 

 Principal quartier populaire européen de la ville d"Alger, il a été le théâtre de tragiques événements et peu de ceux qui ont vécu cette période ont oublié le révoltant et déchirant cri :" halte au feu !" le 22 mars 1962 alors que des civils venus soutenir les habitants de Bab el oued qui vivaient un véritable siège, un blocus, tombaient, rue d'Isly, sous les balles  de militaires français, 46 morts. Ce très modeste petit peuple de Bab El Oued, victime de l'Histoire, désespérément, farouchement accroché à son quartier, ses maisons, tout ce qui faisait sa vie. Des deshérités déracinés, incrédules, dans leurs vêtements d'hiver sur les quais de Marseille, à l'été 1962.

Et
le bateau partait …

C’était un jour d’été.  La chaleur écrasante

Teintait d’un blanc laiteux l’atmosphère pesante

Et le bateau partait silencieusement

Dernier triste refuge de tous ces pauvres gens.

 

Et le bateau partait silencieusement

Vers un monde inconnu tellement  menaçant.

Le regard égaré sondant la ville blanche

Epaules affaissées et larmes qui s’épanchent.

 

Le regard égaré sondant la ville blanche

Maitrisant durement le corps qui déjà flanche

Retenant à grand peine leur immense chagrin

Ils partaient sans retour vers leur nouveau destin.

 

Retenant à grand peine leur immense chagrin

Ils ébauchaient l’adieu d’une discrète main,

Et  s’enivraient encor’ de tous leurs souvenirs

Tendrement enfouis pour les jours à venir.

 

Et  s’enivraient encor’ de leurs chauds souvenirs

Retenant à grand peine de douloureux soupirs.

La ville s’estompait au loin dans le brouillard,

Il faudrait maintenant vaincre le désespoir.

 

La ville s’estompait au loin dans le brouillard

Dans cette mer aimée sombraient tous leurs espoirs.

Et filant vers un but qu’ils n’avaient pas choisi

Ils relevaient la tête pour affronter leur Vie .

 

Poème de ma chère amie constantinoise Jeanine Izard                                                                        

                                                                                   

Le    quartier a connu une autre tragédie en octobre 1988, prélude de la guerre civile de la " décennie noire"à partir de 1992, quand les forces de l'ordre ont tiré sur des émeutiers faisant plusieurs dizaines de victimes souvent très jeunes.
 Et en 2001 un cataclysme naturel a détruit et endeuillé le quartier. 700 morts au moins. Et à nouveau le 21 mai 2013 des inondations. Peut-être l'homme en est-il aussi responsable, qui construit au bord des oueds, qui les détourne.
 Fléaux naturels et ceux dus à l'homme, le Mal et toutes ses formes sur Bab El Oued !

 Le 13 rue Fourchault ?

Le quartier de Bab el oued, victime d'un terrible cataclysme, a été, le Samedi 10 Novembre  2001, détruit par les inondations et torrents de boue, ravagé en à peine 3 heures. 700 morts au moins, des dizaines de disparus, des centaines de blessés et autant de sans-abris. De nombreuses habitations et la vaste place du marché Triolet ont été englouties. A nouveau le 21 mai 2013  des inondations..
 Je le savais certes mais, dès le jour de mon arrivée à Alger, sous une pluie battante d'équinoxe de printemps, à travers la vitre de l' auto embuée et striée de gouttelettes de pluie, je m'entêtais à chercher le 13 rue Fourchault qui se trouvait sur la pente du torrent de boue.
 Je reconnus immédiatement les trois horloges mais pas la place sur laquelle j'attendais tous les jours le tramway pour me rendre à la fac, y compris le jour "des attentats des lampadaires". Mais je balayais cette image pour m'étonner de la petite taille des trois horloges si importantes dans l'imaginaire "pied noir". Les trois horloges c'était Bab el Oued, et Bab el Oued c'était un très petit peuple modeste qu'on a voulu déloger de force, à qui on a fait subir un siège honteux qui s'est terminé par le massacre que l'on sait.
Maintenant, mars 2014, après le cataclysme de 2001, la vie avait repris, on avait reconstruit et oublié. Les rues étaient aussi populeuses, animées et colorées que jadis. Embouteillages en plus, le pétrole de Hassi Messaoud est peu cher.
 Puis je suis revenue avec Marwa et Zina, plus tard, un jour de beau temps.
 En gravissant la côte à pied, la ruine massive d'une ancienne usine de tabac témoignait de l'ampleur de la tragédie. S'agissait-il de celle qui, contiguë à notre petit immeuble du 13 rue Fourchault, polluait notre air de son odeur âcre et nos oreilles d'un bruit à la cadence infernale alors que j'étais penchée sur mes dictionnaires ? La même vague a-t-elle emporté le tout ?
 Tout près de là des jeunes jouent au foot sur un vaste terrain. Tout n'a pas été reconstruit. On a planté des arbres et laissé le quartier respirer. 

 
   Bab el Oued aujourd'hui en mars 2014 ? Vieux immeubles décrépis, pas entretenus, défigurés par les paraboles, les climatiseurs et les rideaux mais aussi d'heureuses restaurations et des jardins.

   
Place emblématique des "pieds noirs" de Bab el Oued, les 3 horloges.

 
 Marwa et Claude devant les  3 horloges. Mars 2014, temps d'équinoxe, ciel couvert et pluvieux. Les horloges ne sont pas, semble-t-il, entièrement celles d'origine. Elles ont peut-être été emportées ou brisées dans la catastrophe.

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  Photo sous un ciel moins bleu d'équinoxe de printemps que celle de Cl. Pernice sous un ciel d'été voir ci-dessous.