Yolande

YOLANDE




Yolande est née le 1er Mai 1919. 4ème enfant de la famille de mes grands-parents Melki. Sa naissance a libéré son père, réserviste à Biskra, du service des armées.
En 1940, Yolande était déjà fiancée. Elle rendait visite à ses parents quand elle revenait de Biskra, son premier poste d’institutrice, après le baccalauréat et l’école d’institutrices. Elle y était hébergée par la plus jeune sœur de ma grand’mère, Augustine dite Loueino, l’épouse d’un propriétaire de palmeraies à Biskra, Touitou.
Yolande était si vive, si jolie, si fine, si rieuse, elle sentait si bon Heure Bleue de Guerlain ou Fleur de Rocaille de Caron, dans sa veste en mouton doré, si agréable au toucher !
Avec sa veste qui conservait le froid humide de l’extérieur, l’hiver, une bouffée d’air frais et parfumé pénétrait dans la salle à manger chaude et un peu enfumée par le feu de bois.
Avec son teint de lait et ses grands yeux noirs, elle ressemblait à la Blanche Neige de mon livre de Contes et je ne comprenais pas pourquoi elle avait choisi Armand  de la même façon que je ne comprenais pas pourquoi Ginger Rogers dansait amoureusement avec Fred Astaire. Je les trouvais laids tous les deux ! Mais en 1940-41, j’étais encore bien petite !

                                                                      

 
Yolande 1936                      Yolande et Armand 
                                           route de la Corniche



Armand était étudiant en Droit à Alger, et ce statut lui conférait  un prestige certain.

 
 

 

 

Josiane et Claude

  21 Décembre 1941.Le mariage. Pas de taxis ! Le cortège s’est rendu en calèche (écolo-rétro à la mode aujourd’hui) à la synagogue de la place Négrier, dite « le temple algérois », puis dans la grande maison mauresque de la grand’mère Attali pour les réjouissances. Pas de photos non plus ! Seulement une toute petite photo de Josiane et moi, filles d’honneur en tulle enrubannées, debout sur la banquette du piano chez mes grands-parents avec le portrait de Yolande, sur le piano, en double exemplaire.et une corbeille de fleurs.
 Le jeune couple passa ensuite quelques jours chez mes parents à Oran, puis à l’hôtel à Alger, en voyage de noces.
Mais en Octobre 1941, deux mois avant son mariage, Yolande, institutrice, avait été  exclue de la Fonction Publique par le  « Statut des Juifs » du régime de Vichy et Armand avocat, profession libérale, privé de son emploi. Ils donnèrent des cours,  Armand travailla un peu chez un confrère en attendant des jours meilleurs.Temps difficiles!
Quand, une fois mariée, Yolande habita chez  ses beaux- parents Sarbib, 51 rue Nationale, une chambre aménagée avec satin et volants roses, d’où on pouvait observer sur les toits des maisons arabes, en face, des cigogneaux sur leur fagot et entendre cinq fois par jour l’appel à la prière du muezzin du haut de son minaret, je l’ai souvent vue en larmes, quand elle rendait visite à mes grands-parents. Perte du travail, avenir bouché pour ce jeune couple.
. J’étais très triste et nous n’osions pas lui rendre visite chez Mme Sarbib, la mère d’Armand, restée veuve en 1945.

 

 


                                                         
 
Calèches au départ du Pont de Sidi M’cid Constantine.

 
 

              

 

 

   





 





  
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