une alya

 

ALYA DE MIREILLE, JACQUES ET LEURS DEUX FILS JEAN-MARC ET FREDDY nés à Constantine
Le mari de Mireille était toujours d’humeur égale. La sérénité de la foi. Travailleur. Soignant son jardin, d’abord à Constantine puis en Israël. Très pratiquant, dès l’aube, il faisait sa prière du matin, avec taleth et phylactères. Il était heureux. Quand il arrivait du marché, souriant, les couffins pleins, il semblait sautiller de bonheur.
Jacques et Mireille se sont mariés en août 1946, soit 2 ans avant la création de l’Etat d’Israël en mai 1948.
Dès 1956, 6 ans avant l’Indépendance de l’Algérie, Jacques n’a pas hésité à émigrer avec sa famille, en Israël, par idéal religieux et sioniste, laissant derrière lui une situation prospère et une très  belle villa à Sidi Mabrouk, un faubourg de Constantine.
Mireille a longtemps souffert de ce déracinement.
La famille a d’abord habité à Ramat Gan dans la banlieue de Tel Aviv, où Jacques a géré une sorte de Milk-Bar.
En 1982-83, Jacques a acheté pour lui et ses fils deux petites villas jumelles accolées dans un « mochav »,  lieu déshérité, désertique, perdu dans les sables : Gan Yavné entre Shot et Ashkelon. Mireille, isolée, coupée des siens, ne cessait de pleurer. Cette région s’est ensuite couverte de maisons, et, depuis peu, des Russes s’y construisent des villas somptueuses, sous l’œil méfiant des premiers habitants qui les considèrent comme des mafieux, « faux Juifs » (sic) de surcroit.
En 1999, lors de mon bref séjour en Israël, pour la Bar-Mitsva de son dernier petit-fils, Ami-Haï, j’ai retrouvé, dans son jardin les mêmes parfums de chèvrefeuille, de jasmin et de roses que dans le jardin de Sidi Mabrouk où

J’adorais m’isoler pour lire, près de ma tante Mireille. Dans le jardin de sidi Mabrouk   
 Sidi Mabrouk 
: à droite l’ancienne synagogue.

Jacques était très vieux, 87 ans, diminué, mais il se promenait encore au milieu de ses roses.
Il est mort en 2003, je crois, et Mireille continue à dire, malgré les derniers mois où, devenu  imprévisible, il était parfois brusque avec sa « Philippinite *» infirmière, qu’elle avait été très heureuse avec lui.
Aujourd’hui, janvier 2012, Mireille a 8 arrière-petits-enfants, des « sabras » vivant tous en Israël. 22 juillet 2015 la " petite tante Mireille" de mon enfance est décédée.

*Philippinite : nom donné par les Israéliens aux émigrées des Philippines, souvent employées de maison, aides familiales auprès des vieilles personnes. 
La synagogue aujourd'hui

      

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