Année 1956 le terrorisme urbain

Alger 7.

Budapest les chars soviétiques

 Année 1956. « Le terrorisme urbain »
Trois événements émurent l’Europe en 1956 : le discours de Kroutchev sur la vérité du stalinisme, la nationalisation du canal de Suez par Nasser et la piteuse expédition menée par la France et ses alliés l’Angleterre et Israël, et la révolte hongroise, vite matée par les chars soviétiques.
Mais pour nous en Algérie, ce furent : le 6 février « la journée des tomates »,  à Alger, le 24 Février Sakamody*, en Mars la liberté donnée aux protectorats du Maroc et de la Tunisie qui permit aux insurgés algériens de mener leur guerre d’indépendance depuis ces deux pays.

  La foule défie le pouvoir 6 février 1956

 Le 15 Mars l’instauration du couvre-feu de minuit à 5 heures du matin, après le spectaculaire incendie du garage des facultés à Alger.                                         
  Le 16 Mars ,4 jours après le vote des « pouvoirs spéciaux » par le gouvernement socialiste, Alger est frappé par le terrorisme pour la 1ère fois.
La ville s’enfonce dans la violence. Menace constante d’attentats contre des civils, patrouilles, mitraillettes pointées, sillonnent les rues d’Alger.
 Le 18 Mai Palestro*. Du 20 au 22juin, 72 attentats au révolver ou à la grenade tuent ou blessent en moins de 3 jours, 49 personnes. Le 30 septembre 1956  2 bombes à retardement  explosent à Alger sur les terrasses bondées du Milk bar, place Bugeaud, et de la cafétéria, rue Michelet : 60 blessés dont 3 mourants et 22 gravement atteints.
Le 3 Décembre, les forces alliées : France, Angleterre et Israël commencent, contraintes, sur décision de l’Union soviétique et de l’Amérique, à renoncer, après 40 heures d’intervention réussie, à leur objectif, l’élimination de Nasser. Cette fois, Américains et Russes étaient d’accord pour épargner Nasser !                                                                                                        
 "Fiasco politique", La France et ses alliées se retirent, piteuses, amères, du Canal de Suez.  Victoire diplomatique pour Nasser vaincu sur le terrain militaire ! Humiliation pour la France et l’Angleterre désavouées, « puissances coloniales » face aux pays émergents du Tiers Monde !
   Début Janvier 1957, les attentats à Alger sont quotidiens :
 « Etat d’urgence »,   bombes dans les cafés, les stades, les autobus, pistolets, grenades.
 Une grenade, lancée dans notre direction, explosa à mes pieds alors que je bavardais, debout, rue Michelet, (« Dien Bien Phu rue Michelet » promis par le F.L.N.  ?) à la sortie de la bibliothèque de la Fac., en fin d’après-midi, avec deux  amis (J.S et C.M.) qui se précipitèrent dans les bras l’un de l’autre. Et moi ? Quitte pour une grande frayeur ! Un gros tronc d’arbre, au pied duquel avait roulé la grenade artisanale, criblé d’éclats, nous protégea tous les trois. La baraka !
Attentats, représailles, fouille, méfiance, peur de circuler, de sortir même, couvre-feu,  intolérable, invivable climat de terreur et de suspicion !
.Et le 7 janvier 1957,  8000 paras avec Massu à leur tête, dépités par leur retraite contrainte du canal de Suez, pénètrent dans la ville traumatisée, exténuée. Début de ce que l’on appellera : « La bataille d’Alger ».

 

 
 

 

Commentaires (2)

1. claudesicsic (site web) 08/02/2017

Merci beaucoup. Cela complètera l'histoire de cet immeuble et j'ajouterai la photo avec votre permission à ce texte. Je suis retournée en 2014 en Algérie . Mes amis m'ont emmenée dans le Sud mais je n'ai pas eu le temps d'aller à Tlemcen. je le regrette.

2. ramsfantlm 07/02/2017

je vais essayer de vous envoyer une photo du numero 31 rue de France la prochaine fois que je fais un saut a Tlemcen

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