Fort de l'eau : le quartier de Zina..

Le quartier "en devenir" du Lido Mohammedia.

 Vendredi 14 mars 2014.

 A 18 km à l'est d'Alger, sur la rive orientale de la baie, loin du centre de Bordj el Kiffan, "le fort des deux rochers" qui a retrouvé son nom d'origine après s'être appelé et s'appelle encore souvent "Fort de l'eau", ce quartier  au bord de l'eau "Lido" limite " Mohamedia" c'est un peu la "zone". Sur terre et sur mer, un vaste chantier de démolition ? de construction ? Plus loin on trouve de hauts immeubles récents, mais dans ce coin au bord de la mer ce sont surtout des maisons basses de l'époque coloniale en très mauvais état.
 En dehors de la mosquée récente, de la crèche multicolore à la mode nordique ( on trouve ce style aussi ailleurs) tout est " en devenir". Maisons dégradées ou surélevées de façon anarchique, des balcons ou terrasses fermées transformés en habitations, tout un bâti qui ne tardera pas à être rasé. Des programmes de construction en panne à cause de la hausse brutale des prix des matériaux ! Des prix qui dépassent les possibilités financières des habitants et des maisons à demi construites à l'abandon et parfois même occupées ! des gravats partout ! le spectacle est désolant sous la pluie ! J'ai tenu à marcher avec Zina et la petite Mariah, pour voir et pour respirer ! les appartements sont surchauffés partout ! carburant pas cher ? mauvaises habitudes occidentales?
 Alors allons  marcher le long de la mer ! Impossible ! me dit Zina, un port de navigation maritime pour des navettes vers Alger est en contruction. Trop d'embouteillages ! Il fallait désengorger routes et autoroutes. Je veux tenter, je suis entêtée. Partout des gravats ! des barrières !  des routes défoncées ! des ornières ! des tiges métalliques rouillées ! Demi-tour !

 Le petit immeuble, au fond à droite, avec ses parkings. Devant, le petit jardin.

 Le petit immeuble où habite Zina, construit dans les années 1980, est un îlot de belle tenue dans ce désordre et les appartements surprenants avec leur conception moderne et leur harmonie. L'appartement de sa nièce au rez-de-chaussée avec jardin privatif est très beau ! Mais là Zina veille. Elle constate, prévoit, remédie, dirige, met elle-même les mains dans le cambouis, les autres suivent. " Il faudra qu'on répare ces escaliers ! " Medhi a peint la cage d'escalier, ses copains ont coupé ces platanes allergisants. Trop d'asthmatiques dans cet immeuble avec l'humidité de la mer ! les jeunes ont voulu peindre les souches des arbres coupés comme la crèche de toutes les couleurs ? Bon ! on les laisse faire ! Les souches des platanes sont assorties à la crèche.
 Zina a  voulu une grille pour fermer l'accès de l'immeuble aux intrus et petits vandales. Elle a voulu aussi des parkings fermés ! Par manque de moyens ils ne sont pas très esthétiques mais ils sont dissuasifs. Elle veille aussi à la propreté. Et elle achète un long tuyau pour laver à grande eau les escaliers en pierre de l'immeuble.

  L'immeuble, celui de droite, le dernier jour, sous le ciel bleu d'Alger. On voit bien la différence  avec les autres clichés Toutes les autres  photos ont été prises par temps couvert, brumeux, pluvieux et presque froid.

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 L'immeuble vu depuis le parking.
 


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Photo de la courette à l'entrée avec, sur la plate- bande, les souches de platanes peintes par les jeunes assorties à la crèche !.

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  Vue d'une fenêtre sur le parking, le muezzin est à une portée de voix 

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Sur le trottoir de gauche, Zina avec Mariah devant la mosquée, mais sur le trottoir d'en face, et à distance pour la photo. Le Vendredi, jour de prière, les fidèles doivent être respectés. 

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Mariah  devant sa crèche avec Zina. Elle a pleuré pour y entrer, mais la crèche est fermée Vendredi et Samedi. Au fond, plus loin, quelques hauts immeubles récents. La ville avance.

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   Mais à côté de la crèche tout est dégradé.

 Toutes ces maisons de bord de l'eau sont en ruines et les constructions neuves sont ocre rouge plus hautes et de forme cubique. L'ocre est plus hygiénique et plus résistant au vent et aux embruns que le crépi blanc ou crème.



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Maison surélevée. Résistera-elle?


 

  Des ruines. On rase et on reconstruit.

 
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  D'ici quelques années il ne restera rien de ces anciennes maisons  de vacances aux toits de tuiles rouges. La ville avance avec ses grands immeubles et seuls quelques privilégiés pourront acquérir ces maisons basses, à un ou deux étages, ocres ou grises, ou jaunes et brique, de forme cubique, avec de petites fenêtres, peu de balcons, toujours pleins, cela évite ces hideux rideaux que j'appelle "de pudeur". Un style particulier, à définir, peut-être d'inspiration saoudienne, de Dubaï ou néo-égyptienne, plus conforme au mode de vie de populations musulmanes.


 Quartier "en devenir", en chantier.

 


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 Programmes en panne. La maison de droite est achevée et habitée. Celle de gauche est à vendre en l'état.( 200.000 euros ! ) Très cher au bord de l'eau !
 
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Au fond travaux suspendus !


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Maison de vacances de l'époque coloniale " la joie de vivre" au bord de l'eau, très dégradée.
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Toutes ces maisons de bord de l'eau sont en ruines. Embruns, sable et sel, vent et le temps qui passe.
 
 Ci-dessous juste pour les nostalgiques ! Une idée de ce que fut cet endroit de Fort de l'Eau. C'est la seule jolie maison ancienne à peu près  en état que j'ai rencontrée, grilles peintes et plate- bande avec des iris.


 
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La plage aussi est en devenir. Elle va laisser la place à un port pour les navettes vers Alger. Pour l'instant, elle est investie par les grues et les tractopelles.

  En attendant on se promène sur des chemins défoncés, dans les gravats et des grilles rouillées, au milieu de ruines parfois habitées qui côtoient des maisons neuves. (à l'arrière- plan)

 



 

 

 

 
 












 





 


 



                                                                                                    



  
 
 

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