Sous Vichy : Mon école au pluriel

Ecole sous vichy

La France de Vichy : la « Révolution Nationale ».

Oujda, Taza, Oran, Constantine 1939-1941
J’ai l’impression d’avoir toujours vécu en dehors de l’Histoire mais, lors de la Seconde guerre mondiale et surtout lors de la Guerre d’Algérie, elle a fait irruption avec violence dans notre quotidien.
Je n’avais pas 6 ans lors de la déclaration de guerre en Septembre 1939. Nous vivions encore au Maroc, à Oujda où je suis née, puis à Taza, une trouée dans les montagnes du Moyen Atlas. Je me souviens du voyage en train d’Oujda à Taza. En abordant la trouée de Taza, entre le Rif et l’Atlas, la pente devenait plus escarpée, le train ralentissait et nous traversions une série de tunnels, dont nous sortions nauséeux, enfumés, noirs de charbon, les cheveux pleins d’escarbilles. J’en ai définitivement perdu le goût des voyages en train même électrifié.

Mobilisation ! Guerre ! Ces mots qui affolaient les adultes n’avaient aucune signification pour moi.

Mais j’ai vu mon père, amusé de ma perplexité, entortiller ses mollets dans de curieuses bandes molletières, longuement lacer des godillots et, dans un costume de zouave, avec une chéchia rouge sur la tête, partir pour le «  dépôt de Zouaves » no 21, un fort à Taza ( voir la carte ci- contre). Nous avons beaucoup grimpé sur des sentiers de l’Atlas pour lui rendre visite à mi-chemin de cette caserne, puis dormi dans un abri de fortune, une sorte de dépendance de ferme ou d’écurie, Josiane sur deux sièges assemblés.
A Casablanca, où mon père avait été muté du 10 juin 1940 au 27 juillet 1940, nous sommes aussi allées le voir. Le 17 juin 1940 Pétain demandait l’armistice.
Il faisait très chaud. Mon père, toujours en tenue de zouave, avec une chéchia rouge sur la tête, nous a rejointes dans un jardin public. Sur la photo qui a fixé ce moment, nous sommes assis tous les quatre sur une pelouse, Josiane et moi en maillots de bain avec de grands chapeaux. Mon père nous a apporté le chocolat de sa ration militaire. Ce gros chocolat noir m’a rendue si malade que pendant des décades, je n’ai plus mangé aucun chocolat.
Le soir, nous avons déambulé dans la ville, ma mère trainant ses deux petites filles à la recherche d’un hôtel. En vain. La réquisition, l’afflux et la débandade après l’effondrement du 18 Juin !
La nuit tombait quand une femme âgée qui vivait avec sa fille, remarqua notre manège de son balcon, nous envoya chercher et nous invita à dormir chez elle avec une telle gentillesse que j’en garde encore un souvenir ému. J’étais si fatiguée de marcher !

 
 

De «  l’Internationale » à « Maréchal nous voilà ! » en attendant le « Chant des partisans ».

Après la défaite et l’armistice de Juin 1940, j’ai vu mon père démobilisé brûler des papiers dans le haut poêle à bois de la salle de bains de notre maison de village à Taza. Il militait à la S.F.I.O (Section Française de l’Internationale Ouvrière), m’emmenait, le Dimanche, à Oujda, aux meetings à la « Casa de España », ( voir cliché ) probablement salle de réunion des Républicains espagnols exilés, où j’ai appris à entonner l’Internationale en levant mon petit poing.

  
Casa de espana Avec la tournure que prenait la « Révolution Nationale » de Vichy et le train de mesures dont allaient être victimes les juifs d’Algérie, mon père jugeait à juste titre ses documents compromettants pour un juif militant de gauche de surcroît.
L’idéologie du nouveau régime fit adopter, dès 1940, le vieux slogan : « la France aux Français » et commença dès
lors la chasse à « l’Anti-France ». Furent exclus de la « Vraie France » tous les «  ennemis intérieurs », les communistes, les « forces judéo-maçonniques » excellents boucs émissaires pour expliquer la défaite.
Les parents chuchotaient. Ils taisaient les souffrances morales et matérielles que leur imposaient le « statut des juifs » du 3 octobre 1940 qui excluait les juifs du corps de la nation et l’abolition du décret Crémieux le 8 octobre 1940.
Une loi du 7 octobre signée Maréchal Pétain et Raphael Alibert, garde des Sceaux, abrogeait ce décret qui avait fait de nous, juifs indigènes d’Algérie, des Français, 70 ans plus tôt. Devenus "ennemis intérieurs", nous n’étions plus
citoyens français et mon père fut rayé des cadres de la Fonction Publique. Je ne tarderai pas à être renvoyée de l'école avec tous les enfants juifs d'Algérie.

Oran. Constantine.

Nous avons alors quitté Taza pour Oran, sans que j’aie bien compris pourquoi mon père abandonnait son guichet à la Poste pour cette boutique où il vendait, avec ma mère, du lait et du son contre des tickets de rationnement.
Pourquoi nous avions quitté notre appartement chez Mme Icare à Oujda, puis notre maison de village à Taza, pour une chambre d’hôtel à Oran où le piano de ma mère n’avait pas sa place ni les livres de la bibliothèque de mon père.
Mon père ne s’occupait plus de sa collection de timbres et surtout, il ne jouait plus du violon, accompagné de maman au piano, le soir, après son travail.
Ma sœur Josiane, trop petite, avait été confiée à mes grands-parents maternels à Constantine où les privations se faisaient moins sentir.
. A partir de la défaite de 1940, l’Algérie, largement tributaire de la Métropole pour la plupart des produits, s’enfonça, en effet, peu à peu dans la pénurie. Mais à Constantine le troc avec les paysans arabes qui arrivaient de la plaine fertile du Hamma avec leurs produits  permettait de s’approvisionner. Les paysans revendaient aussi leurs tickets de rationnement qu’ils n’utilisaient pas à un épicier mozabite qui avait deux boutiques grossiste et détaillant face à face rue Nationale. Les familles qui en avaient les moyens  pouvaient donc ne connaître qu'une pénurie alimentaire  relative et supportable.
A Oran, j’avais des robes trop courtes et des pulls tricotés « maison » trop petits. Cela est visible sur la dernière photo de classe datée 1941 avant le renvoi en Octobre 1941, mais cela ne me gênait pas outre mesure.
Le bouleversement de notre vie ne me rendait pas malheureuse puisque j’étais avec mon père et ma mère. Les enfants ont une incroyable faculté d’adaptation. J’étais juste triste d’être séparée de ma petite sœur et jalouse de son costume marin avec une jupe plissée que ma grand’mère Clara lui avait acheté à Constantine. Costume marin indémodable depuis la reine Victoria qui s’était piqué, afin d’exalter la puissance de sa nation, de vêtir ses enfants de costumes marins miniatures. Nous avions reçu une photo de Josiane avec ce costume. Elle était vraiment mignonne et j’aurais bien échangé, parfois, ma place contre la sienne. Elle pouvait manger les poivrons et tomates séchés au soleil sur la terrasse à Constantine et conservés dans l’huile pour l’hiver. Et le beurre ! Il y avait donc du beurre à Constantine ! Je ne saurai que plus tard que c’était du « smen » !
Mais ma nouvelle vie m’offrait des moments excitants aussi. J’étais beaucoup livrée à moi-même.
Je traînais devant la boutique de mes parents et découvrais la rue et de nouveaux amis. Mon rêve aurait été d’avoir des patins à roulettes, ces magnifiques patins en bois, à défaut d’un vélo. Et j’allais encore à l’école !
J’ai eu juste le temps, à Oran, de boire de l’huile de foie de morue à la cuillère et d’assister, le matin, en silence, au « lever des couleurs », puis d’entonner la Marseillaise et « Maréchal, nous voilà ! », puis minute de silence, avant qu’on ne me signifie que je n’étais pas assez française et que je n’avais aucune légitimité à rester à l’Ecole de la République.

 

A la Une : "Israël est désormais exclu de toute fonction publique" ! Notons que les Juifs sont désignés avec mépris par le vocable "Israël" comme peuple apatride, métèque. L'Etat d'Israël n'existait pas encore et ne renaîtra qu'en 1948. Hélas ! 6 millions de juifs auraient p.ê été épargnés sur leur terre refuge.

Senatus consulte tubiana

Décret impérial : citoyen français par senatus consulte du 14.7.1865. Copie du document du 22 Août 1868.
Copie  certifiée conforme le 3 Janvier 1941 au moment où les lois de Vichy abrogeaient le décret Crémieux et ôtaient la nationalité française aux juifs d'Algérie renvoyés à leur indigénat exceptés des juifs devenus français par senatus consulte sous Napoléon III. (document transmis par un de nos cousins).


Le « numerus clausus » : «  C’est le renvoi ! ».
La loi du 21 juin1941, promulguée en Algérie le 23 Août, exclut 19.484 élèves juifs des écoles publiques. Elle interdit aux élèves juifs des écoles privées de se présenter aux concours et examens d’un niveau supérieur au Certificat d’Etudes.
Quand, en Octobre 1941, on m’a renvoyée de l’école, j’ai entendu que c’était parce que j’étais juive. Je ne savais pas exactement ce que juif signifiait, ou en avais une très confuse idée. Mon père était athée et refusait de se plier au rituel des fêtes juives associé dans son esprit à notre condition  judéo-arabe de dhimmitude. Il voulait « dépouiller le vieil homme ». Je savais juste que je ne ferais pas une communion solennelle, en robe de petite mariée, à l’église, comme mes camarades de classe. Dommage !
J’ai compris alors qu’il n’était pas bon «  être juif » et qu’il valait mieux ne pas en parler.
Je n’éprouvais aucune humiliation, mais peu à peu, parfois un fugitif sentiment diffus de culpabilité ! C’était peut-être un grave défaut, une tare même, puisque nous étions rejetés, réduits à une vie de parias !
Ma mère pleurait.
A Constantine, c’est la jeune institutrice du Jardin d’enfants, payant, du Lycée Laveran qui, prenant Josiane, 5 ans, désormais exclue, dans ses bras, pleurait en lui rendant son petit tablier et le panier d’osier tressé brodé de fils de laine multicolores dans lequel elle transportait d’ordinaire son goûter. Josiane, me raconte-t-elle, ne comprenait pas pourquoi sa « maitresse » pleurait.
Georges, 20 ans, renvoyé de la Faculté de Médecine d’Alger, voulait aller crier son mépris et son indignation au Lycée Laveran. Grand-père ne l’a pas convaincu mais a réussi à le retenir. J’ai vu Georges furieux, mais je l’ai vu pleurer aussi ! Une scène reste gravée dans ma mémoire. Dans la salle à manger, chez mes grands- parents, à Constantine, 4 étudiants juifs en médecine et pharmacie exclus de la faculté d’Alger, en plein désarroi, réunis. Ils ont pleuré, bu, et tout à coup, se sont mis à entonner à tue-tête en arabe sur l’air de la prière finale de Kippour, accompagnés au piano par le cousin Eugène Sultan, étudiant en pharmacie, « ils ne nous aiment pas, et ne nous aimeront jamais, nous, les juifs ! » :
« Me habonech, ihoudiyim, me habonech abedem ».
Ses compagnons d’infortune partis, Georges passa la fin de la journée à vomir ! Ce fut une vraie catharsis ! Immédiatement après, il se remit à travailler, apprit la comptabilité en trois mois et « quickness » (son nom de scout), recommença à foncer, comme il le fera plus tard sur le champ de bataille, confiant dans la vie.
On raconte qu’à Alger, un étudiant en pharmacie à l’appel de son nom, s’est levé en criant : « Alors, Jésus Christ aussi vous l’auriez mis dehors ! ».
Ma mère, à Oran, avait fait une vaine tentative pour m’inscrire dans une école privée dirigée par des Religieuses. Bien sûr, ces dames acceptaient d’accueillir cette petite mignonne. Il suffisait de me convertir au christianisme !
On pouvait donc ne plus être juif ? Ma mère pleurait toujours, sur le trottoir, rue d’Arzew, devant l’école d’où on venait de nous éconduire. Tout cela me paraissait trop compliqué ! Au fond je n’étais pas mécontente d’être mise en vacances, sine die…
Comme, avec mon désœuvrement, je devenais sûrement encombrante, on m’a expédiée à Constantine, en attendant des jours meilleurs.
Nous nous sommes retrouvées, ma petite sœur et moi avec une telle joie chez mes grands-parents que nous avons failli tomber dans l’escalier en nous jetant dans les bras l’une de l’autre.
Certains de mes amis d’enfance de Constantine ont échappé à l’exclusion parce que leur père était un blessé de la guerre 1914, décoré. A l’école Diderot, où ils n’étaient que trois juifs, Mr Morin, le Directeur et instituteur de mon ami d'enfance Jean-Pierre Allouche qui venait d’obtenir 10/10 en rédaction, s’adressant à la classe, s’exclama : «  Si ce n’est pas malheureux ! Un juif qui vous apprend à parler et écrire en Français ! ». Le même, plus tard, s’adressant à un enfant juif qui se dandinait en récitant, comme le font souvent les petits écoliers : « Eh ! tu te crois à la synagogue ! ».
La parole antisémite était vraiment libérée mais les enfants blessés et humiliés s’en souviennent encore pour le raconter plus de 70 ans après. Et mon oncle Paul se souvient qu’au moment où on le faisait sortir au milieu d’un troupeau d’enfants juifs exclus de l’école Diderot, regroupés après l’appel dans chaque classe, la cloche se mit à sonner sur l’air de : « ce n’est qu’un au revoir ! ». Compassion ? «  Faut-il nous quitter sans espoir, sans espoir de retour ? » ou ironie ? cynisme ?


« La révolution Nationale »

 

Philippe Pétain maître d’école de cette école française d'où, en Algérie, tous les enfants juifs avec moi sont exclus à la même date.
Périgny (Allier), octobre 1941.


Maréchal nous voilà !

1er couplet
 Une flamme sacrée
Monte du sol natal
Et la France enivrée
Te salue, Maréchal !
Tous les enfants qui t’aiment
Et vénèrent tes ans (85 ans)
A ton appel suprême
Ont répondu : “«présents ! »

Refrain
Maréchal nous voilà
Devant toi, le sauveur de la France,
Nous jurons, nous tes gars,
De servir et de suivre tes pas,
Maréchal nous voilà !
Tu nous as redonné l’espérance :
La patrie renaîtra.
Maréchal, Maréchal, nous voilà !

L’auteur, André Montagnard, avait déjà connu le succès avec « un pastis bien frais ». Chanté par Jean Dasary.

En Octobre 1941, la cérémonie du lever des couleurs fut instaurée par le Maréchal Pétain. On hissait le drapeau tricolore. Puis le chant : « Maréchal, nous voilà ! ». Puis minute de silence.

Mon amie de pension à Tlemcen, Mireille Dahan qui fréquentait l’unique école primaire du petit village D’Ain-Kial (1500 h environ) n’avait pas été exclue, bien que juive, parce que son père, combattant blessé de la guerre 1914, était décoré. Un matin, alors qu’elle s’avançait pour hisser le drapeau, elle fut arrêtée dans son élan par un brusque : « Ah ! Non! Surtout pas toi ! ».
Elle dit son mal-être, rejetée par ses ex-camarades exclues et par les autres aussi. Ce « surtout pas toi ! » m’a poursuivie toute ma vie, dit-elle.
Pour faire contrepoint, j’ai le témoignage de mon amie Danièle Bitoun scolarisée à Alger, à l’école de la rue de la Liberté, près de l’Hôtel Aletti. Elle raconte que Melle Ganté, la Directrice qui avait lu elle-même dans chaque classe la liste des élèves exclues, était en larmes en accueillant les parents à la sortie. Danièle parle « d’un épisode douloureux de sa jeunesse » qui a fait encore l’objet d’un rêve récent : habillée d’un tailleur jaune (jaune comme la rouelle du Concile de Latran ou l’étoile jaune !) elle est l’objet du mépris d’une camarade de classe qui lui tourne le dos. J’en ai gardé, dit-elle, un sentiment d’injustice et d’humiliation car j’ignorais le motif de cette discrimination.
La plupart du temps la liste des élèves exclues était apportée par le « chaouch » souvent un musulman : l’huissier, l’appariteur, le préposé aux registres d’absences qui passait chaque jour dans les classes, en grande blouse grise, la tête couverte d'une chéchia rouge. C’est le cas de mon amie de pension Evelyne Djian qui, à Beni-Saf, convoquée ensuite chez la Directrice avec les autres élèves exclues, a gardé le souvenir d’avoir été poussée vers la sortie sans ménagement. Elle s’adressa ensuite au rabbin pour suivre les cours d’Hébreu, mais le rabbin n’acceptait que les garçons. Devant son insistance il finit par céder. C’était trop de discrimination ! Vraiment !


Lettre de l'Inspection Académique de Constantine
refusant la réintegration de Jean Sonigo,
mon beau-frère, au titre du numérus clausus

 

                                         A Constantine. 1941. « L’école juive »

A Constantine, la ville aux 10 synagogues, J’ai oublié que j’étais juive parce que presque tout le monde l’était autour de nous, dans notre quartier et même à l’école. J’ai le vague souvenir d’avoir fréquenté, de façon éphémère, une «  école juive », peut-être le cours mis en place dans une grande villa située dans le quartier excentré du plateau du Mansourah offerte par Mr E. Tenoudji.
Le 19. 12. 1940, 465 professeurs et instituteurs juifs avaient été révoqués. Des professeurs éminents comme Robert Brunschvicg ou André Lévi valensi ont dû abandonner leurs fonctions à l’Université d’Alger.
Le tour des élèves allait suivre en Algérie.
Fin 1941-42, 70 écoles juives primaires et 6 secondaires réparties sur l’ensemble du territoire algérien fonctionnaient difficilement. Et contrairement au Maroc, le réseau de l’Alliance israélite Universelle n’existait pas. Classes ou petits cours improvisés la première année, mieux organisés la deuxième année dans des locaux privés, appartements, villas où les cours étaient dispensés par des maîtres en blouse grise, étudiants volontaires, souvent bénévoles, juifs chassés de leurs emplois, interdits d’enseignement. Ces malheureux faisaient de leur mieux avec des classes ou petits groupes le plus souvent mixtes, des horaires très abrégés, aménagés pour accueillir tous les enfants et des écoliers de milieu, d’âge et de niveau si disparates. Max Malek, mon ami d'enfance, raconte que, ne sachant plus comment occuper ses élèves, tous garçons, le maître les a emmenés, un jour, visiter une usine de tabac. Tous les élèves juifs n’ont pas eu la chance de suivre les leçons de français que Camus a données à Oran, à la demande de son ami le philosophe André Bénichou qui avait ouvert une école privée baptisée Cours Descartes. Camus, atteint de tuberculose, ne pouvait pas entrer à l'Education Nationale. A la même époque il écrivait La Peste, métaphore aussi de la peste brune.
De ce passé englouti, surnage un instantané. Josiane et moi, assises côte à côte, dans une grande pièce pleine d’enfants, un jour de rentrée dans une «  école juive » à Constantine et moi lui chuchotant : « tu as un mouchoir dans ta poche, mouche toi, sinon on va encore nous renvoyer ». Ce motif, en tout cas n’aurait pas été moins absurde.
Scolarité en pointillé qui ne semble pas m’avoir été d’un grand profit. Je m’installais au fond de la classe pour être tranquille. J’avais pris l’habitude de ne rien faire.

 

 

Fin du numerus clausus : retour à l'école